Cet article ainsi est tiré du hors série du mag hard rock sur AC/DC
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La légende
Bon Scott
La nuit du 18 au 19 février 1980 restera à jamais une date maudite pour AC/DC et ses fans:
inutile de revenir sur le tragique accident qui survint dans le meurtrier froid londonien. Tout a déjà été dit écrit, y compris il fallait s'y attendre étant donné circonstances les ragots les plus sordides. Des rumeurs qui, malheureusement, ne bouleversent pas l'ordre des choses et qui, pis encore, salissent la mémoire du défunt chanteur et exposent aux yeux de ses parents interloqués de viles contre-vérités à double tranchant. Bon Scott est mort, et rien ne le fera revenir, point final. Bien plus que son décès, sa vie haute en couleur et bien remplie est digne d'intérêt.
"Laisse les parler de toi comme ils pensent de moi." Ces deux vers, extraits du dernier écrit de Bon Scott, résument parfaitement sa philosophie : faisons ce qui nous plaît sans prêter trop d'importance au regard des autres. Une philosophie qu'il a tenté d'appliquer au pied de la lettre durant trente-trois ans. Né le 9 juillet 1946 à Forfar, le jeune Ronald Belford Scott, à l'instar des frères Young, quitte le petit village écossais de Kirriemuir six ans plus tard, direction Melbourne. En 56, la famille Scott emménage à Fremantle oer Gmeme, l'un des frères de Bon, est asthmatique et se voit recommander le climat chaud et sec de la Côte Ouest australienne. Là, notre garnement apprend tour à tour le piano, l'accordéon, puis la batterie. Il excelle à jouer de ce dernier instrument: élu champion des débutants en 1958, il remporte le trophée de meilleur jeune les cinq années suivantes, avant de rejoindre son père Chick dans le Pipe Band de Fremantle où, vêtu dutraditionnel kilt, il officie comme tambour. Ses résultats scolaires étant bien moins brillants, Ronald quitte le lycée John Curtin en 1961, à l'âge de 15 ans. Il travaille alors comme ouvrier agricole, pêcheur de langoustes, puis apprenti mécanicien. Au mois de mars 63, il est condamné pour coups et blessures: il défendait une fille qui se faisait chahuter dans un bal populaire. Relâché à Noêl, Ronald tente d'échapper à la foudre parentale en s'enrôlant dans l'armée, mais sa demande est rejetée car il est jugé "inadapté social ". Désespéré, il fait alors la connaissance de trois musiciens : Wyn Milson (guitare), John Collins (chant), Brian Gannon (basse). Ainsi naissent les Spektors. En 65, le jeune groupe écume le circuit des clubs autour de Perth et apparaît, l'année suivante, dans le top 5 des meilleures formations de la région. ~
Leurs rivaux directs sont les Winztons de Vince Lovegrove. Bon décide alors de s'associer à ce dernier et fait fusionner les deux groupes en un seul, les Valentines. Ne désirant plus être batteur, il opte pour une solution démocratique : Vince et lui se partageront le poste de chanteur. Le groupe commence par jouer des reprises soul (Sam & Dave,...) et des standards mods des Who et des Small Faces, puis interprète rapidement de nombreuses compositions originales. Le 20 septembre 69, les Valentines défrayent la chronique en se faisant arrêter en possession de quelques grammes de haschich. Bon déclare dans une interview: "Le gouvernement australien n 'a que ce qu 'il mérite. (...) ils seront les derniers à légaliser l'homosexualité et la madjuana." Il s'en tire avec une amende de 150 dollars. Cette même année, le groupe ouvre à deux reprises pour les Easybeats au Caesar's de Sydney et splitte à la surprise générale le 1er août 1970. Bon emménage alors à Adélaide avec le groupe Fraternity, une bande de hippies qui vivent dans les bois. La "Famille" connaît un succès enviable avec son premier album et la presse ne tarit pas d'éloges, pariant sur le groupe
comme " prochain gros truc". Le 24 janvier 72, l'impossible se produit car Bon Scott se marie (!) avec Irene Thornton, une belle blonde de 22 ans. Le groupe est alors à la veille de tenter sa chance en Europe.
Fraternity, installé à Londres en avril 1972, fait un flop en Angleterre et les musiciens sont obligés de trouver des petits boulots pour survivre. L'année suivante, le groupe opte pour un nouveau nom plus branché, Fang, et ouvre au mois d'avril à Torquay et à Plymouth pour Geordie, une formation de Newcastle dont le chanteur n'est autre que Brian Johnson. Cependant, les problèmes pécuniaires sont loin d'être résolus et, au début de l'été, Bon et ses potes ne parviennent plus à payer le loyer. Le rêve est terminé. Bon et Irène reviennent donc à Adélaide à la fin 73. Le chanteur traîne alors avec Peter Head des Mount Lofly Ra~ gers, un groupe avec lequel il commence à répéter. Un soir, après s'être violemment disputé avec Irène, Bon boit plus que de raison, enfourche sa Triumph et s'enfonce dans la nuit. Quelques kilomètres plus loin, il ne peut éviter une voiture venant en sens inverse. L'accident le plonge dans un coma de trois jours duquel il ressort édenté et défiguré par de terribles cicatrices. Durant sa convalescence, il rencontre les frères Young, Angus et Malcolm, qui lui proposent de rejoindre AC/DC. Irène, lassée de ces années de galère, lui pose un ultimatum:
"Tu choisis, AC/DC ou moi." Bon n'hésite pas longtemps... Alors commence une autre vie, véritable autoroute pour l'enfer qui s'achèvera en 1980. Mais qui osera affirmer que ce douxdingue, torse fièrement bombé, tatouages exhibés, babines retroussées sur les filles des premiers rangs et tripes à l'air, n'a pas brûlé la vie par les deux bouts. Aujourd'hui, tout cela n'est plus. Brian Johnson continue, de fort belle manière, de se montrer digne de l'héritage de Bon. Un Bon qu'il ne faut pas pleurer comme le suggère cette très belle phrase de sa mère Isa: " Il a vécu bien plus qu'un homme de 99 ans dans sa courte vie de 33 ans !" Courte oui, mais exceptionnelle... Fier aurait été son fils!