Décontenancés par un manager plus pré-occupé par son stock de came que.. par l'ave-nir du groupe, les frères Young, tenaces, gagnent Melbourne sans un sou en poche.
C'est Michael Browning, patron du
Hard-Rock Café qui vient à leur secours. Son rôle, pour les quelques années à venir, sera déterminant : "Ils devaient pouvoir manger, boire et dormir avec un toit au-des-sus de leur tête, s'ils voulaient faire un disque qui marche. J'ai donc assuré leur confort matériel pour qu'ils puissent faire de la musique sans se préoccuper du pro-chain repas." Mais la contribution majeure de ce manager scrupuleux. réside surtout dans le recrutement d'un chauffeur pour leur bus de tournée. Celui-ci n'est autre que Ronald Belford Scott, alias Bon Scott, lui aussi d'origine écossaise.
Il est, aux yeux des frères Young, l'homme providence dont ils ont tant besoin. Bien plus âgé qu'eux, il a déjà un curriculum vitae pour le moins chargé. Emigré à Melbourne en 1952, il sévit d'abord au sein d'une fanfare écossaise, avant de se tourner vers la batterie et les percussions. Par la suite, il quitte l'école à seize ans pour devenir postier puis musicien professionnel. Un musicien voué au rock'n'roll, avec tout ce que ça implique de déboires et d'excès.
Après avoir roulé sa bosse au sein des Spectors, il connaît au sein des Valentines un certain succès local (notamment à travers des reprises des Easybeats), puis rejoint Fraternity, orienté jazz/blues/rock. Pour l'occasion, Bon Scott tient la flûte et l'harmonica. Décrochant un contrat avec RCA, Bon Scott et Fraternity gagnent l'Europe en 1973, mais l'expérience s 'avère infructueuse.
Dans ces conditions, Bon Scott rentre au pays. Mais la descente aux Enfers ne s' arrête pas là, puisque quelques semaines plus tard, il se crashe en moto. Les mois d'hospitalisation qui suivent contraindront les membres de Fraternity à engager un remplaçant.
C'est dans ces conditions, alors que le rocker déchu court après des jobs miteux, qu'il se voit proposer le poste de chauffeur pour AC/DC. Sur son compte et ses capacités automobiles Angus raconte
"C'était vraiment un chauffeur merdique. Un vrai dément. Le premier jour, il roulait à un train d'enfer en nous disant "Je sors tout juste de l'hôpital... J'ai eu un accident de moto." Il nous foutait carrément les boules. "